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SHAKUHACHI

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La flute de bambou Japonaise

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C'est au 6ème siècle qu'on retrouve des traces écrites de la flûte de bambou prouvant son utilisation. Au 7ème siècle, la flûte de bambou faisait partie des instruments utilisés pendant les représentations données à la cour, musique connue sous le nom de Gagaku. 

Les échanges diplomatiques et culturels entre le continent chinois et le Japon étant courants, on peut penser que cette flûte fut introduite au Japon avec d'autres instruments de musique destinés à donner des représentations à la cour (Gagaku ; musique de cour). Cette flûte plus connue sous le nom de Gagaku Shakuhachi fut utilisée dans les représentations de Gagaku jusqu'au 9ème siècle, où elle fut retirée des orchestres lors de la réforme de la musique. 

Le Shôsôin, la salle des trésors du temple Tôdaiji (connu pour son grand Bouddha) a conservé 8 de ces flûtes. Sur les 8 flûtes, seules 5 sont en bambou. Les 3 autres sont faites en jade, en ivoire et en pierre. Ces 3 flûtes ont été sculptées de façon à représenter les noeuds du bambou.

Un 9ème Gagaku Shakuhachi est aussi conservé au musée national de Tôkyô, et aurait appartenu à l'empereur Shôtoku Taishi (574-622). Shôtoku Taishi était reconnu pour son érudition et son amour de la musique. 

C'est au 13ème siècle que le Shakuhachi de l'école Fuke fut introduit par le grand maître Hottô. Le Shakuhachi était alors considéré non pas comme un instrument de musique mais comme un instrument religieux. 

Cet ordre bouddhiste ouvert à son origine aux personnes souhaitant entrer dans les ordres, n'accepta plus tard que les membres issus de la classe noble des guerriers, les Samurai. 

Ces moines-guerriers appellés Komusô (‹•–³‘m@moines du vide), étaient des moines itinérants.

Durant de l'ère Edo (1603-1868), les moines pélerins Komusô jouèrent un rôle important dans le maintien de l'ordre établit par le Shogunat des Tokugawa visant à maintenir une paix durable et déjouer les intrigues politiques. Cette stabilité politique interne permit de préserver une paix durable pendant 265 ans. 

Au 18ème siècle, un nouveau style de musique nacquit à travers l'école Kinko-ryû. Kinko Kurosawa, son créateur, arrangea les pièces classiques dont il avait reçu l'enseignement pour en faire des pièces plus fournies et plus lourdes. Ce style dérivé de l'école Fuke a laissé de nombreux écrits sur son développement.

A la fin du shogunat, un certain nombre de personnes n'appartenant pas à la classe des guerriers revétirent les habits de Komusô pour diverses raisons. Ces imposteurs jouaient des pièces populaires n'appartenant pas au répertoire classique de l'école Fuke.

Avec la restauration Meiji (1868), en 1871, l'ordre Fuke fut demantelé par le nouveau régime en place en raison de son implication et son rôle actif dans le gouvernement des Tokugawa.

Par la suite, les récitals en public à trois intruments (Sankyoku : Shakuhachi, Koto, et Shamisen) furent priviligiés à la pratique en solo. C'est à partir de cette époque que le Shakuhachi se démocratisa dans les classes bourgeoises citadines de la société via les récitals donnés en public.

La tradition et l'enseignement de maître à disciple de l'école Fuke continua malgré tout de se transmettre via quelques grands maîtres comme Miyakawa Nyozan (‹{ì”@ŽR), Kobayashi Shizan (¬—ÑŽ‡ŽR), Okazaki Meido (‰ªè–¾“¹), Katsuura Shozan (Ÿ‰Y³ŽR), Takahashi Kûzan@i‚‹´‹óŽRj, et aujourd'hui Fujiyoshi Etsuzan@i“¡—R‰zŽRj, mais reste limité en raison de son caractère élitiste et secret.

Ces instrumentistes de génie tout en préservant l'héritage qu'ils avaient reçu, ont ouvert de nouveaux horizons au Shakuhachi pour lui permettre de prendre une nouvelle dimension musicale.

Avec l'ère Meiji (1868-1912), certains adeptes de l'école de Shakuhachi Fuke autour de Kyôto décidèrent de poursuivre leur pratique ouvertement et l'association amicale du Temple Myôan fut créée en 1883 (nom tirant ses origines du temple Myôan de l'école Fuke situé à Kyôto).  Les pièces enseignées sont principalement celles qui se sont transmises au temple Myôan. Cette association, plus connue de nos jours sous le nom d'école Myôan-ryû (–¾ˆÃ—¬@aussi appellée vulgairement Meian-ryû) est souvent étudiée par les membres des écoles Kinko et Tozan qui cherchent à se rapprocher des pièces originales qui ne sont plus enseignées dans leur style.

L'école Tozan-ryû, une autre grande école apparût à la fin du 19ème siècle. Son créateur Tozan Nakao nacquit dans la région du Kansai où le style se développa et continue de prospérer. Tozan créa et développa des pièces propres à son style. Ces solos et ensembles représentent les classiques de cette école. Cette école est actuellement la plus importante en nombre de pratiquants.

Toutes ces écoles et différents styles ont contribué à enrichir et développer le répertoire de la flûte de bambou. Ces mêmes écoles ont donné naissance à bien d'autres écoles modernes.

Si on a pu assister à la dérive de certains styles - où le bruit est privilégié à la musique et où certains passages devant être joués avec finesse sont joués avec force et lourdeur et parfois le contraire - et l'apparition d'une certaine forme de décadence musicale , on peut estimer qu'elles reflètent leur époque et ont permis au Shakuhachi d'évoluer plus ou moins bien avec son temps. On assiste de plus depuis quelques années à un retour à des valeurs plus sures.

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